06.02.2008
L’affranchissement
Toute vérité est un commencement.
La vérité est sans qualité.
Ils fuient la vérité comme tout ce qui est sans chapelle, ne s’apprend pas et ne saurait servir deux fois.
Contrairement à l’opinion reçue, en philosophie, on ne commence pas par chercher, mais par trouver. D’ailleurs, on voit mal ce que chercher pourrait apporter de plus à quiconque n’a jamais rien trouvé de soi-même.
Identifier la nature de ses propres découvertes, tout est là.
L’important n’est pas nous qui cherchons mais la vérité que l’on cherche.
Nous cherchons et le disons, mais nous ne saurions dire ce que nous trouvons.
Ne cherche pas : trouve ; car, cherchant, tu risquerais de limiter tes découvertes à du connu.
Je n’ai jamais rien découvert qui ne m’est d’abord trouvé.
Trouver consiste à ne pas perdre l’objectif de vue.
Trouver n’est rien, c’est viser résolument l’objectif qui est tout.
Untel qui ignore tout de la vérité en est beaucoup moins éloigné que tel autre qui s’en fait une idée.
L’esprit de répartie, qui se veut riposte sans appel, est une forme de liberté en acte.
Il n’est pas, par définition, de réaction libre.
La liberté humaine, c’est l’obligation de l’homme à s’auto-déterminer pour vivre à plein la dignité propre à sa condition. Il n’y a pas, pour lui, de liberté sans condition.
Il ne faut pas rêver la liberté.
Est libre celui qui est en paix.
Les plus grands fleuves ont besoin de rives pour ne pas se répandre en marres. De même, notre liberté s’exprime nécessairement dans le cadre de notre condition.
Un homme sans aucune contrainte extérieure apparente, qui n’aurait que des droits accordés par l’état, a toutes les chances d’être un homme manipulé.
Ce n’est pas tant l’absence de droits que de devoirs qui caractérise l’esclave contemporain.
Pour quoi toujours combler le vide, encadrer les images, imager l’intuition, obscurcir la lumière intérieure ?
La peur du vide — Le courage et le désespoir sont corrélatifs. Désespérer, c’est regarder la vacuité en face. Cela ne se fait pas sans courage.
Malheur à l’homme désespéré et sans courage.
L’espoir est un rêve sans dormeur. L’espoir est cabotin, il s’amuse en cherchant dans les choses un au-delà des choses.
Il faut avoir le courage de son désespoir, ou accepter d’être esclave, et dès lors, tout devient du cabotinage. Humanité de cabotins !
Le désespoir dont on ressort avec des attentes n’en était pas un.
Si devoir est pouvoir, alors qui peut-il se targuer d’être à l’origine de ses propres actions ?
La délicatesse ne s’apprend pas, elle est innée ou n’est pas. Ce qui s’apprend, c’est le respect.
Qui ne respecte dépend.
Esclave A : « N’as-tu pas honte de servir le Système ? »
Esclave B : « Pas plus que toi d’en profiter ! »
Esclave B : « Maître, il profite mais ne sert pas ! »
Esclave A : « Peut-être te sert-il, mais c’est pour lui-même et non pour toi. »
Le Maître : « Esclaves, esclaves ! Ne voyez-vous pas qu’une seule chose est nécessaire : ME SERVIR. Or, chacun de vous, à sa manière, s’accommode très bien de sa tâche. »
Servir, c’est tirer le meilleur parti d’une liberté dont on ne sait que faire, c’est profiter en monnayant sa liberté au plus offrant. Profiter, c’est servir en monnayant sa liberté à moindre prix : deux formes entrelacées de l’esclavage moderne.
Le vrai scandale n’est pas que notre esclavage nous rapporte peu, tandis que nos maîtres se mettent de l’argent plein les poches. Le vrai scandale est que nous acceptions une condition d’esclave, quel qu’en soit le prix.
La liberté n’est d’aucune classe.
La liberté, c’est la fidélité au changement.
Que vos chaînes me sont lourdes !
Les forces qui gouvernent la nature et les forces qui gouvernent l’esprit humain sont unes. Les concevoir comme différentes, induit à penser que l’on peut changer le monde en changeant l’homme ; or, l’homme se change en l’amenant par la persuasion ou la coercition à substituer de nobles intentions à ses desseins égoïstes et meurtriers. Et l’on commet ainsi la première et la plus ignoble violence que l’on puisse infliger à la liberté d’un homme en créant la morale, quelle soit laïque ou religieuse. Au contraire, si nous réalisons l’unité fondamentale de tout et l’absence totale de liberté humaine en dehors de Dieu, il n’est alors plus besoin de morale pour conduire les hommes, puisque, obéissant à la loi universelle, il tiennent leur liberté de Dieu. Dans la nature, il n’y a pas plus d’intention humaine qu’il n’y a d’intention du raz-de-marée. Nos intentions, qu’elles soient altruistes ou égoïstes, sont toujours égotistes. La seule intention qui ne soit pas égotiste est celle que nous faisons nôtre lorsque nous adoptons le point de vue de Dieu sur les choses du monde, car il ne s’agit pas d’une intention au sens humain du terme, mais de la vie même de Dieu qui est l’unité des vivants.
Ne dites pas : « Ceci est trop élevé pour moi », dites : « Ceci ne m’intéresse pas ».
Refusera-t-on de boire à un puits sous prétexte qu’on en ignore la profondeur ? S’interdira-t-on de boire à un puits sous prétexte que ceux qui boivent à côté de nous ne s’y prennent pas comme nous aimerions qu’ils le fassent ? Il en va de même des doctrines. Pour qui a vraiment soif d’absolu, la profondeur affleure à la surface,
La désinvolture étudiée de la jeunesse.
La pose fait que l’on est un raté.
Tout ce qui n’est pas jeu manque cruellement de sérieux.
Accueillant de bon gré la flatterie et méprisant modestement tous les encouragements, le vaniteux passe à côté de lui-même sous le regard tantôt admiratif tantôt amusé de ses contemporains.
« Qu’est-ce que l’humilité ? »
« La connaissance de soi. »
« Comment se connaît-on ? »
« En étant soi-même. »
L’humilité ne sied qu’aux grands.
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L’homme total
Je ne veux être personne, je ne veux être rien, car c’est être mort que d’être quelqu’un, quelque chose.
Ils opposent l’impersonnel au personnel, l’intérieur à l’extérieur, sans voir qu’il n’y a que la conscience totale de l’être, sans dualité.
Il n’y a qu’une conscience dans tout l’univers : conscience de soi chez l’homme, conscience mentale chez les autres animaux, conscience chimique chez les êtres du règne végétal et minéral.
Une croyance peut-être partagée, mais l’on est seul avec ce que l’on voit.
Nous sommes ce que nous voyons ; ce que nous sommes est notre destination.
Je ne suis ni croyant ni incroyant.
Je ne me détache de rien. Ce sont les choses qui s’éloignent, emportant avec elles un peu de « je » un peu de « moi ». Le détachement parfait est solitude.
Le détachement rend la présence manifeste.
Le détachement est une forme éminente de la déférence.
Je n’attends plus rien, et tant pis si ça ne vient pas !
Ne te réclame de rien, pas même du détachement ; rien ne te réclamera.
Qu’il reste une seule amarre et le bateau reste à quai.
Tout n’aura été que rocher glissant vers l’inéluctable arrière-cour.
L’infini et le vivant sont un.
« Ces espaces infinis »… qui, loin de m’effrayer, me fascinent et me libèrent d’un monde devenu inhumain à force d’être exclusivement humain.
Toute possibilité n’existe qu’en acte. Seul est ce qui peut être, et seul peut être ce qui est.
Ni d’une rive ni de l’autre, le passeur ; ni intérieure ni extérieure, la fenêtre.
Logique de la foi. La foi est ce qui permet de dépasser l’ignorance coextensive à la condition humaine relativement aux fins dernières.
La foi inscrit l’âme dans le retour universel à Dieu.
La foi seule — parce qu’elle est une sorte d’ignorance savante — montre le chemin de l’espérance, qui est aussi le chemin de la vie vivante. Mais ce sont les actes qui parcourent la distance qui sépare l’idéal de sa réalisation.
L’espérance est une patience intime de l’intérieur des choses.
L’attente devenue espérance, l’espérance devenue présence où connaître, connu et connaissant sont un.
Il n’y a pas d’espérance possible tant que l’on ne vit pas dans le moment présent.
Etre attentif au moment présent ; oui, mais il est des circonstances où celui-ci est si misérable que c’est alors sagesse d’avoir la tête ailleurs.
Ne jamais se résigner à ce que le bonheur soit « fait d’instants » passagers, comme dit le vulgaire, mais qu’il soit communion dans l’éternel Présent.
Présence diaphane, présence vivante (tangible ?) de la Providence.
Plus l’acte est gratuit, plus il est absurde. Et plus il est absurde, moins il est libre. Au contraire, plus l’acte est reconnu et jugé comme nécessaire par la raison, plus il est libre et cohérent. Ce que les hommes ont appelé Providence est la collaboration de la raison vivante avec l’ordre rationnel et vivant du monde.
Seul ce qui est nécessaire est libre.
Une pincée d’abandon et voici la main du souffle qui s’ouvre sur une pluie d’étoiles.
La santé du regard a besoin d’horizon.
S’asseoir le cul dans l’herbe jusqu'à faire partie du paysage.
L’homme naturel, « empire dans un empire », voué à la satisfaction immédiate de ses désirs, ne sait rien de la simple dignité d’être un brin d’herbe.
Il faut chercher en tout ce qui nourrit, non pas ce qui fait seulement plaisir.
Le malheur et la source de tous les malheurs : l’immaturité.
L’ignorance des uns fait le malheur des autres.
Il n’est rien que tout.
Nous sommes le monde tel qu’il arrive dans ses moindres détails.
L’univers est mon centre, et moi sa nostalgie.
On devient le Tout en étant tout entier en chaque chose.
Que chaque pas, chaque moment soit un acte d’amour.
S’il nous faut vivre pour une chose en particulier à l’exclusion de toutes les autres, alors il n’est rien qui justifie de vivre.
Il n’y a rien à faire pour être parfait qu’à reconnaître et accueillir la perfection (de ce) qui est.
La perfection sera-t-elle une variété particulière du possible ? Si oui, alors elle n’est pas perfection. Au contraire, la perfection est la réalité même de tout ce qui arrive. C’est pourquoi perfection, vérité et libération sont une.
Quelle perfection pour des êtres dont la condition est l’inachèvement ? La perfection de cheminer ?
L’idée d’une perfection qui serait à accomplir est une contradiction dans les termes, car le concept même d’accomplissement suppose l’incomplétude. Ou bien la perfection est donnée, et, dans ce cas, il n’y a rien à faire pour être parfait ; ou bien c’est une vue de l’esprit. Mais si la perfection est donnée, à cause de quel péché originel n’en jouissons-nous pas actuellement ? Conclusion : si la perfection n’est ni donnée ni à accomplir, il faut donc qu’elle soit une vue de l’esprit.
La recherche d’une perfection située hors de la réalité est un obstacle à la libération.
Le miracle des pains où chacun reçoit les moyens de sa propre libération.
Je n’ai besoin ni de foi ni d’une « quête » pour être moi-même. La spiritualité n’est, chez moi, qu’une aspiration à la vie telle qu’elle est par-delà toute quête et dénomination. Si j’ai une quête, c’est une non quête ; de même qu’une main qui, ne cherchant pas à se saisir elle-même, car elle sait tout ce qu’il y d’absurde dans un tel geste, se contente d’être main.
La poursuite du bonheur suppose que l’on se soucie d’être heureux. Or, un homme soucieux est le contraire d’un homme heureux.
Aspirer, sans chercher à ne rien provoquer, mais faire une place en nous à l’objet de notre espérance.
Vouloir la libération revient à la penser. Or, quelles chances a-t-on de se libérer de la pensée en pensant ?
La libération n’est pas une expérience (elle n’est pas une aventure de la conscience).
Les perfections relatives et les perfections absolues, qui sont d’ailleurs les mêmes.
Le relatif est l’Absolu exprimé dans les consciences éparses, non unifiées. Celui qui unifie sa vision, réalise que les consciences diverses qui peuplent le monde ne diffèrent pas en nature, qu’il n’y a qu’une seule et unique conscience universelle et qu’il est devenu celle-ci. Cette conscience est Dieu. Aussi, un tel homme voit-il Dieu en chaque être, comme une lumière réfractée dans un miroir brisé.
Qu’y a-t-il d’autre à faire qu’à trouver sa propre manière de vivre ?
Nos manières d’être sont encore des manières de faire.
Devenir, c'est être dans l'irréversible.
La méditation n’est pas une activité, elle est la fin et l’accomplissement de toute action.
Je ne suis que la fumée du feu sans flamme qui me consume.
Je prends la main de l’invisible et infini sans-forme.
Je l’ai senti dans mon être et vu dans mon esprit ; et il était mon être, et il était mon esprit.
Que ma vie ne soit plus qu’un absolu commencement fait de mille et un commencements.
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Le monde mode d’emploi
Le silence est adossé à la solitude, comme la solitude l’est à la prière, et la prière à l’amour.
Les paroles expriment ce que nous désirons ; l'action, ce en quoi nous croyons; le silence, la présence au réel.
Toute parole commence par un silence. Le silence de l’être.
On met trois ans pour apprendre à parler et toute sa vie pour apprendre à se taire.
La bêtise ne consiste pas à dire des absurdités, mais à ne pas s’apercevoir que l’on en dit.
Nous aurons dit tant de paroles inutiles et si peu de nécessaires.
Les choses qui valent la peine d’être dites ne sont pas longues à dire.
Un compliment fait trop généreusement est une ostentation qui, bien souvent, trahit la haute idée que l’on se fait de soi-même.
L’excès de franchise tend à la flatterie ou à la cruauté, selon nos dispositions.
Tomber d’accord n’est rien, si ce n’est pas pour les mêmes raisons.
Je ne connais pas de cause de malentendu plus courante ni plus contraignante que de tomber d’accord avec quelqu’un pour des raisons qui, au fond, divergent sans qu’on y pense. C’est proprement se constituer prisonnier de l’opinion d’autrui : la pensée pieds et poings liés dans la corde de paroles qui nous indignent.
Intelligent, il faudrait l’être assez pour savoir être bête à propos.
C’est la prévisibilité des imbéciles qui fait le savoir du Sage.
N’ayant pas l’esprit de notre temps, nous vivons en un temps sans esprit.
Le lot de ceux qui se croient au-dessus du lot…
« C’est fou ce que vous vous ressemblez ! »
« Oui, surtout lui. »
On dira ce que l’on voudra : il n’y a pas que la beauté intérieure !
Image des relations avec nos semblables : oiseaux de bord de route entr’aperçus seulement quand ils s’envolent.
L’argent n’est pas le pourquoi de notre malheur ; il n’est que le comment de notre déchéance.
Un signe des temps : aller chez son médecin pour lui parler des vacances ou du rendez-vous important qu’une maladie risque de nous faire manquer, au lieu de s’inquiéter de sa santé.
Les tueurs en série, ou le prêt-à-porter du crime.
Rien à cacher, rien à montrer : le tout à vivre.
Ce que je pardonne le moins facilement aux autres : mon instinct grégaire.
Les hommes sont tels qu’ils pardonnent plus volontiers à qui fait le mal et s’en repent qu’à quiconque s’abstient de faire et le bien et le mal et n’en nourrit aucun remords.
La patience est la fleur du courage.
L’authentique piété et le courage de la liberté sont un. L’authentique piété est contenue dans le courage de la liberté.
Tout mon courage consiste à savoir que ma peur est injustifiée. Mon courage est patience à l’égard du peureux que je suis.
Agir en profondeur, comme on dit de quelqu’un qu’il a des « pensées profondes ».
Certains hommes aux besoins exceptionnels passent pour égoïstes ou monstrueux auprès du commun qui n’a que des plaisirs frustes.
Les hommes préfèrent la culpabilité au silence du ciel.
La culpabilité ne vient pas de Dieu, mais du monde.
Le ciel n’est pas un modèle pour la vie sur terre, il est l’air que respirent les vivants.
Le coupable est son meilleur juge.
Nos erreurs sont comme les pupilles de nos yeux : sans cette part d’ombre, nous ne verrions pas la lumière.
Mes ombres sont le raisin de mon amour.
Qu’est-ce que la lumière, sinon l’obscurité devenue visible ?
De même que c’est dans les failles du granite que s’installe la végétation, c’est dans nos faiblesses que s’inscrit la vie.
A ceux qui vous disent de ne pas juger sur les apparences, répondez qu’on ne saurait juger autrement que sur des apparences.
Il n’est pas de justice véritable sans justesse dans le jugement.
Il n’est pas de présence au réel sans suspension de tout jugement.
La suspension du jugement suit naturellement de la libre activité dialectique de l’esprit.
On juge faute de pouvoir comprendre : l’ignorant croît connaître ce qu’il envie ou méprise, mais il ne connaît que son propre jugement.
Au plan de l’ascèse, le monde est l’occasion de ma sagesse.
Le Sage sait qu’on ne vient jamais à bout de la poussière ; il élimine son aversion pour la poussière.
Le Sage parle de l’Absolu et l’insensé lui demande si cela suppose « une ouverture à l’autre ».
Le Sage n’interprète pas les coïncidences, car il en connaît les causes.
Les apparences sont trompeuses ! Surtout quand on en ignore les causes...
Les apparences ne sont jamais autant trompeuses que lorsqu’elles nous sont favorables, parce qu’alors il n’est plus dans notre intérêt immédiat d’en rechercher les causes, de chercher l’être derrière le paraître.
Certains arrivent à se forger dans les apparences un abri à leur essence intime. La plupart ne trouvent jamais ce havre : ils sont semblables à des bijoux sans écrins. Les autres sont de simples écrins sans bijoux à l’intérieur.
L’humour est la seule forme d’esprit partisan que s’autorise un Sage.
Il faut beaucoup d’amour et de bienveillance pour faire un tout petit peu d’ironie.
On dit que la prière, la solitude et le silence sont affaire de paresseux. Au contraire, toute paresse et toute tendance néfastes tendent à disparaître dans la solitude soutenue par la prière. La solitude n’est pas le lieu du vice mais de toutes les grâces.
La compagnie crée des manques que la solitude ignore.
La vie solitaire n’est pas refus des hommes, mais recherche de l’humain ; et dans l’humain, c’est le divin qu’elle cherche.
Le religieux comme sentiment humain du divin. De ce point de vue, la vie en Dieu n’est pas le privilège de la religion institutionnelle.
Le solitaire sait bien qu'en se tenant intérieurement et physiquement à bonne distance du monde, chacun des pas qu'il fait en direction de l'un de ses semblables est un rapprochement d’avec le tout. S'il vivait à l'intérieur des foules, il lui serait impossible d’aller vers l'un sans s'éloigner de nombreux autres.
La solitude parfaite est communion au sein de notre condition commune. La solitude est au fondement de l’amitié.
L’ignorant se croit seul et s’isole.
La solitude était notre façon à nous d’être ensemble…
La solitude est la chose la plus familière qui soit, si bien qu’on ne s’y sent jamais perdu. Je suis partout chez moi, car la solitude est ma maison.
Qui veut unifier regarde ce qui unifie, qui veut séparer regarde ce qui sépare.
De même que l’on ne conquiert jamais entièrement le monde, il est douteux que l’on ne s’en détache jamais vraiment.
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